Manger autrement (1) : La prise de conscience

Source : Insolente Veggie, http://www.insolente-veggie.com/

Exclure la consommation de chair animale de mon alimentation, c’est le choix que j’ai fait il y a quelques mois. Premier article de la série « Manger autrement », je reviens sur mon passage du l’omnivorisme au végétarisme (dans le sens le plus englobant du terme).

Les articles qui composeront la série « Manger autrement » traiteront de thèmes différents : pourquoi devenir végétarien, qu’est ce que cela implique socialement et des conseils pour un régime alimentaire équilibré.

Ne te méprend pas, cette série d’articles n’est pas une propagande, le but n’est pas de convertir qui que ce soit mais d’informer et de te faire part de mon expérience personnelle. Les omnivores ont toujours autant leur place sur ce blog, Marie-Amélie n’étant pas végétarienne, elle compte bien te proposer tout plein de recettes qui te mettront l’eau à la bouche.

Comme tu as pu le remarquer, toutes les recettes que j’ai proposées ici sont au moins végétariennes, au mieux végétaliennes. Et pourtant, je n’ai pas toujours été végétarienne, mon changement de régime alimentaire est en réalité assez récent.

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Source : Insolente Veggie, http://www.insolente-veggie.com/

Avant de nous lancer dans le vif du sujet, il est nécessaire de passer par la case vocabulaires et définitions pour éviter les contresens.

  • Régime végétaRien : les végétariens excluent de leur alimentation toute chair animale (viande et poisson). Ils consomment essentiellement des fruits et légumes, des légumineuses, des céréales, mais aussi des produits laitiers, des oeufs, du miel, etc. Ils refusent donc de consommer des produits issus directement de l’exploitation animale mais pas ses dérivés.

Petit rappel, une personne refusant de consommer de la viande mais mangeant du poisson n’est PAS végétarienne mais pesco-végétarienne.

  • Régime végétaLien : les végétaliens refusent de consommer tout produit relevant de près ou de loin à l’exploitation animale. Ce régime inclue la chair animale mais aussi, les produits laitiers, les oeufs, le miel.
  • Le véganisme : ici, on dépasse le régime alimentaire, le véganisme est un véritable mode de vie. Le vegan adopte un régime végétaLien et applique ses idées à tous ses actes de consommation. Il n’achète et ne porte pas de cuir, laine, soie et consomme uniquement des produits cosmétiques vegans (sans matière animale et non testés sur les animaux), etc.

Si on m’avait dit il y a 10 ans que je deviendrai végétarienne, j’aurais doucement ri. J’ai toujours été intéressée par ce régime alimentaire et lorsque je rencontrais un(e) végétarien(ne), je lui posais tout un tas de questions sur son alimentation, sur les raisons de ce choix, etc.  Je trouvais la démarche louable mais je n’étais pas prête à renoncer à ma rondelle de saucisson. Je n’ai jamais été une inconditionnelle de viande rouge mais j’adorais la charcuterie, le poulet, le canard, le poisson, etc. Je refusais de manger du foie gras car je trouvais la production abominable et je n’aimais pas vraiment ça. La question du végétarisme était latente mais j’étais alors encore pleine de contradictions.

Il y a 5 ans environ, j’ai acheté mon premier livre de recettes végétariennes. Par curiosité, par envie de découvrir de nouvelles recettes  végétales mais aussi dans l’idée de réduire ma consommation de viande. D’où me venait cette idée ? Je ne sais plus vraiment… Sûrement de ces rencontres qui vous font réfléchir. Une chose est sûre, doucement, l’idée du végétarisme, faisait son chemin.

Puis, il y a 2 ans, lorsque j’ai quitté le nid familial, j’ai très rapidement arrêté d’acheter de la viande pour ma consommation personnelle. Je n’en consommais donc pas chez moi mais je m’adaptais quand je mangeais à l’extérieur. J’étais « flexitarienne » comme diraient certains, j’aurais plutôt tendance à dire que j’étais en transition. Ma volonté à ce moment de ma vie, était de réduire considérablement ma consommation de viande (c’était un peu moins le cas pour le poisson que je continuais d’acheter de temps en temps) pour des raisons écologiques (la lecture de No impact man de Colin Beaven a largement influencé cette décision) mais aussi car je commençais à avoir une véritable prise de conscience concernant la cause animale.

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Dans le même temps, je consommais quasiment que des produits bios, de saison et les plus locaux possible. Je n’étais pas prête à renoncer totalement à la viande et au poisson mais aussi à « imposer » mes choix lorsque j’étais invitée chez des amis ou dans ma famille. Cette période de transition a duré un an et demi environ. Puis, j’ai définitivement arrêté de consommer de la chair animale à la maison et je veillais à toujours prendre l’option végétarienne lorsque j’avais le choix au déjeuner. Je ne consommais de la viande et du poisson seulement quand cela m’était « imposé ».

Il y a quelque mois, j’ai officiellement sauté le pas. J’en avais assez de me forcer pour ne pas froisser les gens, pour ne pas être « contraignante ». Au final, c’est moi que je contraignais pour des foutues conventions sociales. Je culpabilisais dès que je mangeais viande ou poisson. Je n’étais donc pas en harmonie avec mes idées. Aujourd’hui, je l’assume et je le dis, je suis végétarienne. Je ne saurais dire quel a été le déclic, ça s’est vraiment fait du jour au lendemain (même si le chemin a été long) mais ce que je peux dire aujourd’hui, c’est que la raison première est la cause animale même si la cause environnementale n’est vraiment pas loin derrière. Mon entourage a accueilli la nouvelle de façon plus ou moins bienveillante et aujourd’hui, mon copain se dit lui-même en transition.

En parallèle, j’ai naturellement diminué les produits laitiers. Je ne bois plus de lait, je n’utilise plus de beurre, mon chocolat chaud du matin a fait place à une grande tasse de thé. Je remplace le lait des préparations par du lait végétal et la crème fraîche par de la crème de soja. A l’inverse, j’ai beaucoup plus de mal à m’affranchir de mon addiction au fromage. Mais si j’ai réussi à me passer du saucisson, je devrais y arriver aussi. On peut donc dire qu’aujourd’hui je suis une végétarienne en transition vers le végétalisme.

Evidemment, tout cela implique un certain nombre de changement, que je ne considère en aucun cas comme des contraintes. Nous aborderons donc la question de mon alimentation dans la troisième partie de « Manger autrement », la deuxième partie étant consacrée aux raisons de ce changement.

 

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